Histoire & Patrimoine

Carte Postale

Avenue de la Gare – Hotel FAURIEN

De l’histoire ancienne de Pin et d’Emagny on ne possède pas d’éléments. Cependant, il est couramment reconnu que l’histoire de ces villages commence à s’écrire à partir du X° siècle lors de l’avènement de Hugues de Salins qui est promu archevêque de Besançon en 1031. Homme éclairé pour son époque, il fut un artisan de la « Trêve de Dieu » qui avait pour objectif d’apaiser les conflits guerriers.

Sous son impulsion, le monastère de Saint Paul devient alors une pépinière d’hommes remarquables, dont l’écolâtre Gerland : au moyen âge, un écolâtre était un ecclésiastique dont la principale fonction était d’enseigner aux jeunes gens qui se destinaient au service de l’Eglise. Gerland suggéra l’idée de fonder de nouveaux centres d’instruction et de civilisation et d’envoyer, à cet effet, des chanoines dans les diverses possessions de l’abbaye. C’est ainsi que nait le Prieuré de Bellefontaine, fondé par le chanoine Raimbaud vers 1132.

Dans son « histoire du Prieuré de Notre Dame de Bellefontaine », 1631, Philippe Chifflet indique que le lieu est situé « à un quart de lieue de l’Ougnon (l’Ognon), sur un petit tertre, au voisinage de la rivière de Lantenne (la lanterne) … Son territoire est terminé, du côté du midi, par celui de Chaucenne, devers le septentrion par celui d’Emagny,… Les sources y sont abondantes; l’une d’elle au bas de la  courvée  proche de la route de Besançon-gray sera nommée « fontaine des fièvres »… ».

Abbaye de Bellefontaine

 Abbaye de Bellefontaine

L’histoire d’Emagny est intimement liée à celle de Bellefontaine.

En 1139, il est fait mention d’une église à Pin dépendant du chapitre de Saint Etienne. Le chapitre va, en 1152, faire donation, à l’Abbaye, de l’église de Pin avec ses dépendances moyennant dix sols estevenants payables au dimanche des Rameaux.

Ainsi, on peut dire que l’histoire des deux villages de Pin et d’Emagny est commune à partir de cette date.

Les heurs et malheurs de l’Abbaye de Bellefontaine et de ses prieurs sont bien relatés dans « Le Prieuré de ND de Bellefontaine, 1934 » du Chanoine Musy. On pourra s’y reporter avec intérêt.

Faits marquants de l’histoire de Bellefontaine

Philippe CHIFFLET

La famille Chifflet est une des grandes familles franc-comtoises des XVI° et XVII° siècles. Originaires du Comté de Bourgogne, actifs dans l’entourage des souverains à partir du XVIe siècle, farouchement opposés à la monarchie française, les membres de cette famille personnifient les liens qui unissent la Franche-Comté et les anciens Pays-Bas, Besançon et Bruxelles. Ils sont surtout célèbres pour leur très grande érudition. Une rue leur est dédiée à Besançon.

Philippe Chifflet est né à Besançon le 10 mai 1597. Son père est Jean Chifflet. Il étudie à Louvain et est ordonné prêtre. Il est nommé chanoine de Besançon en 1628, et en 1637 vicaire général de l’archevêque de Besançon.

Il a la charge du prieuré de Bellefontaine à partir de 1628.

Il est nommé archevêque mais il meurt le 11 janvier 1657 avant d’être consacré. Il laisse de nombreux ouvrages.

Vierge de Bellefontaine

 Vierge de Bellefontaine

C’est de Montaigu (en Brabant, Belgique) que, selon ses propos, Philippe Chifflet ramène « une image (une statue) taillée du chêne miraculeux de Montaigu, de la hauteur de six doigts, ayant une couronne de même bois ,… enchâssée dans un verre de Venise,… »

Ainsi débute l’histoire de Notre Dame de Bellefontaine

Le 19 août 1629, cette vierge fut portée processionnellement de l’église de Pin jusqu’à Bellefontaine.

La dévotion à ND de Bellefontaine ainsi que l’usage de processions ont très souvent été à l’honneur. Ainsi, en 1854, année sombre du choléra, on alla solennellement cherché la Vierge de Bellefontaine pour l’exposer à l’église paroissiale. Cependant, en 1864, elle fut confiée aux moines Capucins deux ans avant la vente de la chapelle.

Après bien des péripéties et grâce à la persévérance du chanoine Clère, de l’abbé Bonnet et de Charles de Vregille, la translation de la vierge à Pin eut lieu le 30 juillet 1925.

Aujourd’hui, elle se trouve au dessus de l’autel dit de la Vierge dans le transept gauche de l’église Saint Martin.

Eglise Saint Martin

L’élise de Pin est sous le patronage de saint Martin de Tours (316-397) lequel est connu dans le monde entier pour avoir partagé son manteau avec un pauvre.

Son geste est le symbole universel du partage.

Façade Eglise

  Façade Eglise

Plus de 3.600 églises en France sont dédiées à saint Martin. Et il y a les villes, les lieux-dits, les hameaux, les abbayes, les fontaines, … appelés du nom de ce saint on ne peut plus populaire chez nous ; par exemple, à Emagny on trouve « les champs St Martin ».

Saint Martin de Tours est commémoré le 12 novembre dans les synaxaires grecs et le 12 octobre dans les documents slaves, mais sa fête est traditionnellement fixée au 11 novembre en Occident. C’est ainsi que la fête de Pin était à cette date la dernière des villages environnants.

Faute de documents, l’histoire de cette église et des aléas ou évènements ayant ponctué sa vie est assez discontinue. Plusieurs pointillés ressortent cependant :

L’église fut reconstruite au XVIII° siècle par Antoine Hautier, entrepreneur, sur les plans de Charles-Nicolas Vesy. Le marché fut fait en présence de l’architecte Jean du Bois Querret en octobre 1737.

Depuis ce temps-là, l’Eglise comporte trois nefs.

Extraits de l’analyse du cabinet d’architecte Lhomme :

« L’église de Pin est sur plan en croix latine. Elle est construite en pierre de taille et moellons calcaire. Son terrain d’implantation n’étant pas plan, elle surplombe en façade ouest le domaine public de plusieurs mètres. Pour utiliser le dénivelé du terrain sous le bas-côté nord, une crypte a été réalisée. En périphérie se trouve encore l’enclos qui faisait antérieurement office de cimetière.

Le Choeur

 Le Choeur

La couverture de la nef est à longs pans avec une croupe sur le chœur et des pignons couverts sur le transept. Les bas-côtés sont en appentis. L’ensemble est couvert de tuiles plates. La charpente est en chêne pour les pièces maîtresses et en résineux pour certaines pannes récentes, les chevrons et le lattage.

La tour a été reconstruite entre 1771 et 1776 d’après les plans de l’architecte Louis Beuque.
Le piédouche a été reconstruit en 1821.
La tour est couverte par un toit à l’impériale couvert de tuiles vernissées formant un motif géométrique.
La teinte dominante est le brun rouge avec des croisillons jaune d’or et des losanges verts. Les arêtiers sont métalliques.

Intérieurement, l’église comprend 3 vaisseaux voûtés d’arêtes, séparés par des arcs en plein cintre portés par des piliers cruciformes. Dans la nef, des pilastres vont jusqu’à la voûte et se terminent par des chapiteaux décorés de feuilles d’acanthe. Les voûtes des bas-côtés sont plus basses que les arcades et sont visibles depuis la nef, ce qui nuit à l’élancement de l’ensemble. Elles ont dû être réalisées ultérieurement.

Intérieur Eglise

 Intérieur Eglise

Les maçonneries intérieures qui portent de nombreuses et intéressantes marques de tâcherons sont badigeonnées en gris et blanc.

La tour est accessible par un escalier hélicoïdal dans-œuvre en pierre. Les derniers niveaux de la tour sont rejoints par des escaliers en bois.

La tour est percée d’un portail en plein cintre surmonté d’un fronton triangulaire. Le portail est accessible depuis le niveau de la rue par un escalier à volées multiples. Deux portes latérales (bas-côtés nord et sud) permettent un accès plus aisé depuis le côté haut.

Le beffroi porte deux cloches datées de 1854 et 1902.

En 1834, il est envisagé de reconstruire l’escalier d’accès à l’église. L’architecte est Painchaux qui a, à son actif, de nombreuses réalisations d’églises dans la Haute-Saône et le Doubs.»

Les aménagements

Au début l’aménagement est assez sobre avec cependant au dessus des portes des sacristies, des bas-reliefs en stuc de Francesco Marca. Originaire de Moglia (Piémont, Italie) et sise en Franche-Comté dès le début du XVIII° siècle, cette famille de stucateurs a aussi réalisé de nombreux décors en particulier en Haute Saône. Le stuc, imitation du marbre à base de plâtre et de colle autorisait des décors à moindre coût et remporta l’adhésion de nombreuses paroisses. Le retable de Mont-les-Etrelles et l’étonnante chaire de Gy témoignent de leur créativité.

Il n’y avait pas de bancs et les habitants apportaient leurs sièges. En 1746, pour remédier au désordre que cela occasionnait, fut mise en place une distribution/vente de bancs selon des règles très élaborées : 36 bancs seront posés, 18 de chaque côté de la nef principale; chaque côté étant divisé en 3 classes chacune de 6 bancs occupés par 4 particuliers de Pin et 2 d’Emagny. Il y aura donc 24 bancs pour les habitants Pin et 12 pour ceux d’Emagny. Un banc coûtera respectivement 36 livres (ou 24 livres ou 18 livres) de monnaie de France selon qu’il sera en première (ou deuxième ou troisième) classe. Les bancs fabriqués par des « fabriciens » de Pin et d’Emagny, seront proposés et attribués (après paiement) aux particuliers payant la plus forte taille et dans l’ordre décroissant de celle-ci…

Il était par ailleurs indiqué que ce droit de banc ne pourra donner droit à sépulture dans les nefs sauf pour les chefs de famille ; le cimetière était alors autour de l’Eglise. Aujourd’hui on peut encore voir des restes humains dans une crypte sous la nef gauche ainsi que des tombes de prêtres dans le chœur de l’Eglise comme par exemple celle de Simon Vuillemot, premier curé de Pin dont le nom est conservé. Il est mort à Pin le 17/6/1690.

Les curés

Parmi les curés de Pin (cf liste ci-dessous), Jean Vernier occupe une place spéciale.

Né à Besançon en 1591, curé de Pin depuis le 23/1/1619, il succède à Désiré Varin lui-même successeur de Perrenin Menestrier. En plus de sa cure, Jean Vernier était chapelain de la chapelle dite Inviolata à St-Pierre de Besançon.

Maison Rouge

 Maison Rouge

Jean Vernier fut, avec Toussaint Lange et Perrenin Menestrier, le principal instigateur de la création, à Pin, d’une imprimerie laquelle réalisa plusieurs ouvrages entre 1626 et 1637. L’imprimerie était installée dans la « maison rouge », actuelle médiathèque de Pin située derrière la mairie de Pin.

Sachant qu’à cette époque, seules trois imprimeries sont autorisées dans la Comté (une à Dôle et deux à Besançon), l’histoire de cette imprimerie – et donc de Jean Vernier – n’est pas ordinaire (sinon plus) et la production est tout à fait remarquable.

On citera ici le premier ouvrage (paru en 1627) des heures à usage des peuples de la campagne, livret auquel fut donné le nom d’heures de Pin. Un seul exemplaire, daté de 1635, est conservé à la bibliothèque de l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. En 1635, paraît « Les portraits de SS. Vertus de la Vierge » un in-8° considéré comme le chef d’œuvre de l’imprimerie de Pin.

Nota : L’in-octavo, également noté in-8° est un format de livre qui, au XVIIe siècle et au XVIIIe siècle, est voisin du format A5 actuel (c’est-à-dire 21 × 14,85 cm).

Liste non exhaustive des curés de Pin :

  • Simon Vuillemot, présenté par Jacques de Saint Mauris, prieur de Bellefontaine; mort à Pin le 17/6/1690; tombe dans le chœur actuel
  • Jacques Sarragoz, de Besançon, présenté par Jacques de Saint Mauris, prieur de Bellefontaine le 19/2/1591
  • Perrenin Ménétrier, né à Courcuire vers 1598, présenté à la cure de Pin le 3/2/1595
  • Désiré Varin, de Besançon, présenté par Charles de Saint Maurice, prieur de Bellefontaine le 3/4/1608
  • Jean Vernier, né en 1591 Besançon, présenté par Charles de Madruce, évêque de trente le 23/1/1629 qui fut avec Toussaint Lange et Perrenin Ménétrier, l’imprimeur de plusieurs ouvrages à Pin dans la « maison rouge »
  • Jean Coquillard, de Recologne les Fondremand chapelain de Bellefontaine, présenté par Alix abbé de Saint Paul
  • Simon Balland, présenté par Philippe Chifflet prieur de Bellefontaine, le 28/9/1649
  • Jean Andrey, de Charcenne, présenté le 15/4 qui exerça jusqu’au 22/7/1713 date de sa mort
  • Claude Besançon titulaire suite à un concours pour la cure de Pin le 31/1/1713
  • Claude François Joseph Maistrot, présenté par le Gd séminaire le 1/2/1727, était doyen de Gray, il donna 2000 frs pour la reconstruction de l’église; il est enerré dans le choeur
  • Antoine François Devaux de Conliège, nommé le 21/9/1734 Jean Nicolas Marion, en 2/1776
  • Denis Bassand, nommé suite concours le 18/4/1779, jusqu’en mars 1792
  • Burtin, Fourrier, .. prêtres administrateurs qqs mois

En 1791, le conseil municipal fit vendre les bancs des privilégiés
Le 16 messidor an II, l’église fut fermée.
Le 28 brumaire an III, la cure est vendue 320 livres.

  • Claude Servin, prend possession de l’église de Pin le 4/10/1803
  • Cl Louis Boilley, originaire de Courtefontaine, gouverna la paroisse de 1812 à 1846
  • Louis Auguste Lévis le remplaça de 1/8/1846 à mars 1853
  • Jacques François Bouvier, curé de Thise est promu le 20/4/1853
  • Pierre Poisse nommé le 9/1/1872
  • Abbé Bonnet 1907-1955
  • Martial Jeantet 1955-1964
  • Abbé Bourgeois 1974-1975
  • Luis Laville 1976-1997
  • Joseph Perrin 1997-2000
  • Benoit Decreuse 2000-2002
  • Abbé Michel Jeanpierre 2002-2012

Commission Intercommunale Eglise et Cimetière

Eglise Saint Martin

 Eglise Saint Martin

Co-paroissiale, l’église a toujours été depuis la mise en œuvre du concordat entretenue et réparée en commun par les communes constituant la paroisse, soit pin, Vregille et Emagny. Cette obligation de cofinancement repose sur l’avis du Conseil d’Etat de 2 pluviâse an XIII approuvé par l’empereur (ce qui lui a donné force de loi), qui a prescrit que les églises et presbytères laissés à la disposition des communes en exécution de la loi du 18 germinal an X (concordat) étaient propriété des communes. Il est vrai que ni ce texte ni aucun autre ne dispose explicitement qu’une église desservant plusieurs communes appartient en copropriété à chacune des communes co-paroissiales, mais le législateur comme le juge administratif ont, pendant et après le concordat, admis implicitement qu’il y avait copropriété.

Par ailleurs, le décret impérial du 30 décembre 1809 concernant les fabriques des églises prévoyait qu’en cas d’insuffisance de ressources de la fabrique, les communes pourvoiraient aux frais d’entretien, de réparations et de reconstruction de l’église et du presbytère, et que si la paroisse comprenait plusieurs communes, toutes seraient appelées à participer au financement. Ce décret e été abrogé par la séparation (1905) sauf en Alsace Lorraine.
A noter que depuis la séparation, les communes ne sont plus tenues d’entretenir les édifices du culte : néanmoins, la commune, responsable de a sécurité, doit effectuer les travaux nécessaire à la bonne conservation des bâtiments.
En principe, la part des communes co-paroissiales était déterminée au prorata de la contribution foncière personnelle, conformément à l’article 4 de la loi du 14 février 1810. Lors des travaux de réparations effectués en 1845, par exemple, les frais ont été répartis entre les communes selon ce principe, à savoir : Emagny 28.43%, Vregille 17.61% et Pin 53.96%.
Ce mode de répartition a été supprimé par la loi du 5 avril 1884 et aucun autre n’y a été légalement susbtitué : la clé de répartition devenur coutumière, mais désormais sans fondement légal, a néanmoins perduré, par exemple pour les travaux de réparation executes en 1901 (délibération du Conseil Municipal de Pin du 15 février 1901)
En 1966 cependant, par délibération du 9 décembre, le Conseil Municipal de pin, en accord avec la commune d’Emagny (Vregille n’étant alors plus partie prenante), décide d’annuler l’ancienne répartition des recettes et dépenses relatives à l’église et au cimetière et opte pour une division par moitié entre les deux communes à partir du 1er janvier 1967.
Désormais, toute décision devra être prise en commun entre les deux communes qui désigneront chacune une délégation de 4 membres.
Quant au cimetière de Pin, il a été établi à son emplacement actuel au XIXème siècle. L’achat du terrain est effectué par la commune de Pin en 1883. La commune d’Emagny n’a pas assez de ressources pour participer aux frais d’établissement du nouveau cimetière : Pin lui avance donc la valeur de sa quote-part et la reconnaît comme copropriétaire (délibération du Conseil Municipal de Pin du 15 juin 1845). La commune de Vregille n’est pas comprise dans la répartition car elle possède son propre lieu de sépulture. Le cimetière fait l’objet de travaux d’agrandissement entre 1879 et 1884. dans son arrêté du 4 mars 1885, le Préfet du Département de la Haute-Saône fixe la répartition des frais entre les communes « d’après un ancien usage » : Pin 65.50%, Emagny 34.50%.
Enfin, dans une lettre du 2 avril 1974 adressée au Préfet, le Maire de Pin demande une copie de la convention passée avec la commune d’Emagny et autorisant celle-ci à faire usage du cimetière de Pin.
Dans sa réponse, le Préfet renvoie à la délibération du Conseil Municipal de Pin du 17 mai 1876, fixant le tarif des concessions du cimetière ainsi que la répartition du produit entre les communes, à savoir : Pin 65.50% et Emagny 34.50%
Ainsi, depuis leur création, l’église et le cimetière ont eu des répercussions financière pour Pin comme pour Emagny. En qualité de co-propriétaires, les deux communes doivent s’organiser pour programmer les travaux d’entretien de l’église comme du cimetière, à partir de la commission intercommunale composée de 4 membres de chacune des deux communes, telle que cela avait été décidé par le Conseil Municipal du 9 décembre 1966